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Fès, belle de jour, belle de nuit

Fès, belle de jour, belle de nuit

La vieille ville de Fès el-Bali est sans doute la cité médiévale la mieux préservée au monde. Magique le jour, Fès est enchanteresse la nuit. Embarquez pour un voyage inoubliable grâce à cet extrait de notre livre consacré aux plus belles villes du monde.

Imaginez un périple à dos de chameau, il y a cinq cents ans. Voici l’oasis et sa médina, la Vieille Ville enserrée de remparts de briques de terre crue. Le labyrinthe d’allées tortueuses surmontées de panneaux de bambou ou de bois ajouré qui filtrent le soleil est encombré d’échoppes présentant viande fraîche, légumes, monticules d’épices, pâtisseries, savons parfumés, chaussures, tapis, lampes, quincaillerie, tenues de mariage richement brodées… Les artisans s’y entassent pour teindre des écheveaux de laine ou marteler des décorations de cuivre. Les sens s’offusquent d’une tête de chameau trônant sur l’étal du boucher ; les ânes ploient sous un amas de peaux de chèvre en chemin vers la tannerie ; des poulets vivants, en cage, attendent le coup de hache fatal. Les passages bordés de murs sont étroits et congestionnés, mais de loin en loin, une énorme porte de bois s’ouvre sur l’intérieur feutré d’une mosquée paisible. D’autres portes s’entrebâillent, laissant entrapercevoir des bribes d’un autre monde : des cours intérieures aux mosaïques et balcons de bois, ombragées d’arbres et toujours fraîches, grâce à des fontaines. Bienvenue dans un riad, demeure traditionnelle des familles aisées, écrin des œuvres des meilleurs artisans, bijou d’art et de luxe.

Inutile de revenir cinq cents ans en arrière : vous êtes à Fès. La vieille ville de Fès el-Bali est sans doute la cité médiévale la mieux préservée au monde. Bien entendu, elle a subi quelques changements, mais peu. On y vend désormais des montres et des téléphones portables à la lumière d’une ampoule électrique. Une ville moderne s’est également développée, à l’écart, au sud-ouest. La Fès historique est une cité prospère, dynamique, quasi intacte, riche de son petit commerce depuis sa fondation en l’an 799.

Fès a toujours été réputée pour son artisanat et son rôle de ville sainte. Les non-musulmans ne peuvent pas visiter les mosquées, mais sont bienvenus dans les madrasas (écoles coraniques) comme la madrasa Attarine, merveilleusement décorée de faïences aux motifs géométriques et de moulages, de bois et de marbre sculptés. Les zelliges, ces mosaïques de carreaux émaillés, sont une industrie florissante, et les grands maîtres de Fès – dont la technique se transmet de génération en génération – œuvrent dans tout le monde islamique.

Pour accueillir parfaitement les visiteurs, d’anciens riads ont été réaménagés en petits hôtels superbement rénovés – mosaïques, bois sculpté, lampes en verre teinté, mobilier d’époque. Et les vieux fondouk si spacieux, ces caravansérails où les marchands faisaient halte, connaissent une seconde vie en ateliers d’artisanat. Ici, les tisserands utilisent encore des métiers à navette – inventés au XVIIIe siècle – pour fabriquer une étoffe douce et chatoyante en soie végétale obtenue à partir de fibres d’agave. À Fès, nul n’est pressé de plonger dans la modernité.

Les venelles de la médina sont fascinantes, et les toits des refuges intimes et paisibles : un divan y est installé, à l’ombre, quand le lieu n’est pas occupé par une corde à linge ou des poulets. Là-haut, la vue est magnifique et le regard s’attarde sur les ruelles encombrées d’hommes – et non de voitures –, les minarets et les collines environnantes :  Dernier clin d’œil de cette ville décidément insondable : ces dizaines de milliers d’antennes-satellite, dressées en silence vers les étoiles.

 


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