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Trois fois Fès

Trois fois Fès

Au Maroc, la cité impériale fondée au VIIIe siècle rénove sa médina. L'occasion idéale de (re)découvrir le riche patrimoine de la ville.

Tomber sous le charme du Jardin des Biehn

Derrière chaque mur de la médina se cache un secret. Le Jardin des Biehn en est un. Il aura fallu plusieurs années à Catherine et Michel Biehn pour restaurer l'ancien palais d'été d'un pacha et lui redonner vie à travers ses chambres d'hôtes et son jardin enchanteur où se côtoient fleurs, herbes aromatiques, oliviers et palmiers. C'est là que le restaurant Fès Café a planté ses tables. Au milieu du chant des oiseaux, on goûte une cuisine de marché mêlant classiques internationaux et plats marocains réinventés. On terminera le repas sur une note de... courge. Ancien antiquaire, Michel Biehn a élaboré un cabinet de curiosités aux objets taillés dans des cucurbitacées : pantins pour la fête des Morts au Mexique, bouteille de vin de palme du Cameroun, objets d'un chaman karen de Birmanie... Étonnante collection.
Fès Café, Le Jardin des Biehn. 3 plats : 34 euros environ.

 

Cet ancien palais d'été d'un pacha a été transformé en chambres d’hôtes par un couple de Français. Au coeur du jardin, le Fès Café offre une cuisine de marché. © Seif KOUSMATE/REA

 

 

Le marché aux légumes de la médina. © Hemis.fr/Jon Arnold Images

 

 

Se perdre dans la médina

Suivre une ruelle tortueuse, s'enfoncer dans les entrailles d'une venelle, se faufiler entre deux bâtiments si serrés que seule la marche du crabe est envisageable... C'est ainsi que l'on découvre la médina avec, parfois, un sentiment d'étouffement. Qu'ils sont hauts ces dars (maisons), foundouks (caravansérails) et palais ! Dans une côte, une odeur de pain chaud vient chatouiller les narines. Les fours du quartier, comme certaines fontaines d'ailleurs, sont encore utilisés au quotidien. Des gestes séculaires qui remontent à la fondation de la cité, au VIIIe siècle, classée à l'Unesco. Sur la place des Ferronniers, les hommes martèlent le fer et le cuivre dont les bruits s'évanouissent dans les rumeurs des souks. Non loin, les tanneries se visitent une feuille de menthe sous le nez, les yeux plongés dans les cuves rénovées. La médina fait en effet peau neuve. Depuis 2013, pas moins de 27 monuments historiques ont été restaurés par l'Agence pour le développement et la réhabilitation de la ville de Fès. Et d'ici à la fin des travaux, 3 666 bâtisses menaçant de tomber en ruine auront retrouvé leur lustre d'antan. Lancé par le roi Mohammed VI, ce grand programme tend à soutenir l'artisanat et développer le tourisme.

Tourner une page à la bibliothèque

 

 

Plusieurs siècles séparent ces deux femmes qui, à leur manière, laissent une trace importante à Fès. La première, Fatima el-Fihryia, fonda au IXe siècle la mosquée Quaraouiyine (qui, aujourd'hui, peut accueillir jusqu'à 20 000 fidèles), et une madrasa dotée d'une bibliothèque. Laquelle est l'une des plus anciennes au monde encore en activité. Elle rassemblerait jusqu'à 30 000 ouvrages sur la science, l'histoire ou l'astrologie, dont certains d'une valeur inestimable. Il était temps de sauver ce patrimoine. Appelée d'abord pour réparer des fissures du bâtiment, Aziza Chaouni a finalement restauré la bibliothèque entière, apportant sa vision et son savoir-faire dans le domaine de l'architecture durable. Elle a, en outre, dessiné un laboratoire de restauration high-tech, deux nouvelles salles d'exposition (qui présenteront des livres et l'histoire des lieux) et un café. « Le patrimoine doit rester vivant, souligne-t-elle, sans pour autant altérer l'âme des lieux. »

 


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